Musique / Review

Le Cirque Royal américain pour une nuit

Après un passage remarque cet été lors du TW Classic, Nathaniel Rateliff et ses Night Sweats investissaient ces 28 et 29 janvier le Cirque Royal de Bruxelles pour deux dates à guichets fermés. Nous y étions pour la première soirée.

En première partie de cette soirée, nous avions droit à la jeune chanteuse LION. Pour démarrer son set, la Britannique a misé sur une introduction guitare-voix avec le super morceau Hitman, un morceau sur le fil où la sensibilité fait place à la puissance d’une voix qui n’est pas sans rappeler Linda Perry (la chanteuse des 4 non blondes). Pendant 40 minutes, la chanteuse a su faire monter l’ambiance dans la salle bruxelloise malgré un public plutôt froid au début de ce concert et ce, grâce à une prestation forte avec un rock brut qui n’est pas sans rappeler celui des Pretty Reckless. Une artiste et un groupe à suivre de très près !

Mais celui qu’on attendait était sur le point de fouler les planches bruxelloises.

Nathaniel Rateliff, c’est le rock’n’roll, le swing, le mec qui a trop saigné sur des Gibson, c’est cette musique qui rappelle l’Amérique des années 50 où les guitares étaient maîtresses des radios et où on savait mettre les cuivres en avant. Un véritable saut dans le temps nous attendait donc ce lundi soir au Cirque Royal. C’est sur le coup de 21 que les sept Night Sweaters sont montés sur scène pour démarrer Shoe Boot avant d’être rejoint par Nathaniel Rateliff coiffé de son habituel chapeau (sur les huit gaillards, ils étaient six à porter un couvre-chef) et grosses bagouzes aux doigts.

Pendant 1h30, pas moins de 20 chansons se succèderont dans l’antre de la capitale belge qui, le temps d’une soirée, aura été plus américaine que jamais. Au programme, une qualité musicale imparable où chaque musicien trouve sa place et où tout est millimétré. C’est peut-être ce côté un peu trop propre et préparé qui est regrettable dans ce set parce qu’aucune place n’est laissée à l’improvisation. On sent donc que tout est préparé en amont, que chaque note est placée à tel moment ce qui retire tout effet de surprise. De plus, Nathaniel Rateliff n’est pas très causant et les morceaux s’enchaînent à toute vitesse. Les seuls moments de « surprise » sont ceux où le chanteur lance sa guitare à son technicien et qu’on retient notre souffle pour savoir si ce dernier la rattrapera ou non (spoiler alert : la guitare va bien).

Cependant, ne boudons pas notre plaisir parce que nous avons eu droit à un concert d’une grande qualité musicale avec des musiciens hyper talentueux, un background épuré  pour laisser la musique au premier plan mais aussi un jeu de jambes imparable de la part de Nathaniel et de son bassiste.  Un concert de Nathaniel Rateliff, c’est un véritable retour aux fondamentaux du rock’n’roll. Et que dire de la puissance des tubes S.O.B et Tearing at the Seams en fin de set ? Alors enfilez vos bottines en cuir, votre chemise noire et votre plus beau chapeau, il est temps de prendre la route du Colorado pour du bon vieux rock à l’ancienne.

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